jeudi 9 août 2018

Séquence 0 en 4ème: Excuses (version 2)

Bonjour à tous!
Comme promis, voici ma première séquence de l'année avec les 4èmes. Elle est très identique à celle de l'an dernier, je l'ai juste retravaillée un peu. Elle est très courte car elle ne comporte que 5 séances, et devrait donc durer 2 semaines maxi. En tout cas je l'espère, car l'an dernier j'ai mis bien plus longtemps!

Rendons à César ce qui lui appartient, cette séquence a été créée par Estelle Recht, et les documents associés sont disponibles sur sa boutique TPT. (#justincase)

Donc, nous commençons par un petit brainstorm ou la recherche de définitions / traductions grâce à un dictionnaire bilingue. Au bout de 5 minutes, on met en commun et on discute: que pensent-ils des devoirs? On poursuit avec la lecture du poème, une petite activité de compréhension, un peu de PRL sur le prétérit et du vocabulaire.

Séance suivante, on commence par remettre dans l'ordre des excuses farfelues, puis on regarde une vidéo avec une petite activité de CO, et j'en profite pour y glisser un peu de méthodo de la CO. Et on cherche la meilleure excuse. Ils ont un peu de mal, mais en leur laissant le temps on y arrive. On termine la séance avec une trace écrite: présentation du document ainsi que la meilleure et la pire excuse données dans la vidéo.

Troisième séance, je leur lis le début du livre I didn't do my homework because... de Benjamin Chaud et Davide Cali. Je leur montre des images, et ils doivent trouver une légende. Ensuite on compare avec le livre, et c'est très drôle! Une fois qu'on a toutes ces excuses réunies, je leur lance un défi: trouver une excuse encore plus farfelue, et écrire un tweet avec (donc seulement 140 caractères). Je compte commencer à éventuellement mettre en place du tutorat à ce moment, en proposant à ceux qui ont fini d'aider leurs camarades.

Pour la quatrième séance, on reprend leurs tweets et on corrige et / ou on enrichit avant de les mettre au propre et de les coller sur un grand panneau bleu qu'on décore ensuite. Et pour terminer la séance, on écoute la chanson "The Homework Song" de Bryant Oden. Si on a le temps on fait une petite activité LeaningApps, sinon ce sera à la séance suivante.

Dernière séance, on commence par un mini test sur la grammaire et le vocabulaire de la séquence, puis on fait une petite séance d'AP sur les devoirs en anglais. Ils devront rédiger des questions sur le sujet à partir d'un brainstorm, que j'écrirais dans un questionnaire en ligne Google (déjà prêt) et auquel ils répondront pour la séance suivante, ou si je le peux je ferais avec Plickers (en fonction du matériel a disposition). Les résultats seront commentés en  classe soit à la séance suivante, soit tout de suite en fonction de ce que j'aurais utilisé.

Voilà, c'est la fin de ma séquence, et déjà on a bien travaillé! J'espère pouvoir tout faire, l'an dernier j'avais abandonné la chanson car pas assez de temps.
Je vous donne ensuite mes objectifs pour cette séance, le diaporama utilisé en classe (moins les documents qui ne sont pas à moi), les cartes pour les bellwork des deux premières séances et la vidéo de la chanson sur Youtube plus le poème enregistré par mes soins.
Pour terminer, j'avais trouvé ce post intéressant avec toute une collection de liens, à explorer!
Have fun teaching!












Edit du 4 septembre: J'ai enregistré le poème de Chris Webster pour que les élèves puissent le réécouter chez eux.

mardi 7 août 2018

Progressions annuelles 2018/2019

Hello y'all!
Comme l'an dernier, je partage avec vous mes progressions annuelles pour les 3 niveaux que j'aurais encore cette année.
Vous pourrez constater que j'ai fait peu de changements, j'ai surtout enlevé des trucs qui me semblaient moins pertinents. (Le lien vers mon post de l'an dernier est ici si vous voulez comparer)

Progression 6ème: Je n'ai rien changé. Je n'ai pas pris beaucoup de temps pour ce niveau l'an dernier, et nous avons un nouveau livre, alors je voudrais le tester davantage cette année. Avec 2 classes, j'aurais plus de temps à leur consacrer j'espère!



Progression 4ème: J'ai supprimé la séquence sur la nourriture américaine, les élèves n'ont pas trop aimé l'an dernier et surtout ils m'ont dit que c'est un sujet qu'ils voient souvent en anglais, et donc ils n'étaient pas motivés. Je vais donc la remplacer par une séquence sur la mode, séquence que je voudrais tester depuis un moment. J'ai aussi modifié quelques trucs ici et là dans l'ordre des séquences et supprimé le dernier projet de séquence de l'an dernier. J'espère arriver à en faire un peu plus cette année!



Progression 3ème: Là aussi peu de changements. J'ai avancé la séquence sur HONY pour mieux coller à la visite de Visa pour l'image que je vais faire avec mes 2 classes de 3èmes en septembre. J'ai aussi supprimé la séquence sur les Native Americans. Là aussi j'espère arriver à en faire plus que cette année!



Voilà mes prévisions pour l'année, j'espère que ça pourra vous inspirer! Je vais essayer de publier mes séquences au fur et à mesure que je les conçois / revois, c'est un de mes objectifs pour cette année. Il me tarde aussi de recevoir mon emploi du temps pour savoir à quelle sauce je vais être mangée! Même si je sais que j'aurais 2 classes de 6èmes, 1 classe de 4ème et 2 classes de 3èmes, je voudrais savoir si j'ai une salle ou 15, et si je suis PP (j'ai clairement dit que je ne voulais pas mais on a insisté lourdement... et je sais par expérience que je dois m'attendre à tout!). Ça me permettra de me projeter davantage!

Bon, trêve de digressions, je vous retrouve très vite pour les premiers cours de 4ème et 3ème à la sauce 2018/2019!
A bientôt!

samedi 28 juillet 2018

Mes objectifs pour 2018/2019... et au-delà!

Bonjour à tous!
On sent que c'est les vacances, hein? Je poste davantage ici!! J'en profite tant que je peux, Une fois que l'année scolaire aura repris je ne suis pas certaine de pouvoir tenir ce rythme de publication!

Bref, aujourd'hui je vous parle de mes objectifs et de mes envies pour l'année 2018/2019 et après. Comme je vous le disais dans mon post bilan, j'ai pris le temps cette année de me poser, réfléchir et noter mes idées et mes envies. En suivant l'exemple d'Estelle Recht (que j'admire beaucoup!), j'ai fait une carte mentale.



J'ai commencé par lister les différents points sur lesquels je voulais travailler, et je me suis retrouvée avec plusieurs axes: aménager l'espace classe, différencier davantage, que j'ai relié avec rendre les élèves autonomes, ancrer les rituels, travailler toutes les compétences, évaluer mieux, mieux gérer la classe, partager et mutualiser mes pratiques, prévoir l'inspection et utiliser le numérique.
Puis pour chacun de ces axes, j'ai développé les idées que je voulais mettre en pratique. Certaines sont issues de ma réflexion personnelle, d'autres j'ai glanées ça et là sur les blogs des collègues ou en flânant sur Twitter.

Attention, ce post est très long. Vous pourrez pas dire que vous étiez pas au courant ^^

Aménager l'espace classe: Ceux qui me connaissent savent que c'est un de mes chevaux de bataille. Je suis convaincue que l'aménagement de l'espace peut favoriser les apprentissages. Personnellement, je sais que je travaille mieux dans un espace aéré, clair et agréable, et pas trop surchargé visuellement. Cela me permet de me focaliser davantage sur la tâche à accomplir. J'ai aussi inclus dans cette catégorie les petites choses que je voudrais mettre à disposition des élèves en classe, sur les tables, comme des aides phonologiques ou du vocabulaire en lien avec la séquence en cours. Evidemment les petits caddies de 5 o'clock Teach m'ont beaucoup plu! Et depuis quelques jours je lorgne sur les placemats de Mrs Recht...
Je rêve aussi d'une bibliothèque / ludothèque de classe, et aussi d'un coin "calme" pour la lecture ou la relaxation. Mais ça, ce sera dans looooooooongtemps! #keepondreaming
Tout ceci ne pourra être mis en place que si on daigne enfin m'attribuer une salle. J'en suis à négocier, vu que mon projet pédagogique n'a pas eu suffisamment de valeur aux yeux de ma direction: soit j'ai une salle, soit je ne suis pas professeur principal. Je saurais ce qu'il en est à la rentrée! #waitandsee

Différencier davantage: Une autre de mes convictions est que chaque élève est différent. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de similitudes entre eux, mais chaque élève apprend différemment et peut réussir si on lui propose quelque chose qui convient plus à son style d'apprentissage. Alors je ne vais pas vous ré-expliquer le concept, et je ne prétends pas qu'il faille faire un cours différent pour chaque élève, mais je suis sûre qu'en préparant différents types d'activités on peut toucher tous les élèves. De plus, en travaillant en groupes, on peut davantage cibler en fonction des besoins du groupe.
J'ai envie pour l'année prochaine de proposer soit la même activité à des niveaux variés ou avec plus ou moins d'aide, soit des activités différentes selon le niveau visé (A1 à A2+/B1), voire des documents différents mais complémentaires... bref, j'ai de quoi faire!
J'avais fait un essai avec mes 4èmes, mais ça n'a pas été concluant, pour plusieurs raisons: il n'y avait que 2 niveaux, qui n'étaient pas adaptés pour le début d'année, et la répartition que j'avais faite des élèves n'était pas la bonne. Mais je sais apprendre de mes erreurs!

Rendre les élèves autonomes: Voilà s'il en est un objectif difficile à atteindre avec mes élèves! Ils ont beaucoup de mal à se croire capables de réussir seuls et sont sans cesse en train de m'appeler pour que je les aide et ce même si je leur ai fourni tous les outils nécessaires. Ils ont du mal à se mettre d'accord et à résoudre leurs différents. J'avoue que c'est à mon avis l'un des objectifs les plus compliqués de ma liste, mais qui va de pair avec le précédent. Je pense que si j'arrive à les mettre en confiance, il seront plus à même de chercher seuls les réponses aux questions que je leur pose. En cela la différentiation est essentielle, car si ils sont en situation de réussite, ils auront davantage confiance en leurs capacités, et donc seront plus autonomes. C'est en tout cas le cercle vertueux que je vais tenter de mettre en place.
Pour cela je cherche du côté de la classe mutuelle et du tutorat entre pairs, de la classe inversée, et des neurosciences (brain gym ou relaxation). Mais je vais mettre beaucoup de temps à atteindre cet objectif, si je l'atteins un jour! Cependant, ce ne sont pas les idées qui manquent, alors gardons espoir!

Ancrer les rituels: Les rituels en classe sont à mon avis essentiels pour que les élèves s'y retrouvent. J'ai déjà quelques trucs de mis en place, comme le mot de passe ou le teacher's assistant. J'ai envie pour l'année 2018/2019 de développer davantage ces rituels et de les adapter plus au niveau des élèves. J'ai envie de mettre en place un bellwork pour les faire travailler dès l'entrée en classe, et d'uniformiser le contenu afin de rendre ces débuts de cours automatiques.
Je garde mon mot de passe, bien sûr, mais en 6ème il sera différent des autres. Nous allons compter les cours jusqu'au 100ème avec "Number of the day" et réviser l'alphabet en accordant une grande place à la phonologie et essayer d'y rajouter du vocabulaire. Pour les 4èmes et 3èmes, ce sera plus comme avant mais je vais essayer de structurer le mot de passe pour que les élèves puissent travailler seuls ou en groupe avant de faire une mise en commun. Je pensais faire des fiches "type" en fonction du mot de passe: personnalité anglophone, évènement culturel ou historique, expression idiomatique... #spoileralert
Je vais essayer aussi de diversifier les rôles des élèves dans la classe, et de leur donner un "job" qu'ils garderont 1 semaine. Ces jobs remplaceront le teacher's assistant en donnant à plusieurs élèves l'opportunité de participer à la gestion de la classe. #spoileralert2

Travailler toutes les compétences: C'est bien sûr une évidence, mais je me retrouve souvent à travailler certaines compétences plus que d'autres en classe. J'aimerais pour l'année à venir donner plus de place à l'écrit sans négliger l'oral, et j'ai donc listé des possibilités pour faire travailler toutes ces compétences aux élèves.

Evaluer mieux: L'évaluation, c'est mon point noir, je déteste ça (et corriger encore plus!!) Cependant dans le système actuel, on ne peut fonctionner sans notes chiffrées, ne serait-ce que pour l'orientation des élèves. Cette année j'ai eu beaucoup de mal à gérer les évaluations, je faisais des contrôles de verbes irréguliers toutes les semaines mais j'ai très peu évalué les connaissances et / ou les compétences de mes élèves. Je vais donc essayer d'être plus rigoureuse sur ce point.
Cependant, évaluer ce n'est pas noter, aussi je vais essayer de faire davantage d'évaluations formatives, non chiffrées, mais avec quand même une "récompense" sinon les élèves ne travailleront pas pareil (je le sais pour avoir déjà testé!). par contre je ne sais pas encore quoi. A voir donc.
De même, je vais essayer de laisser complètement tomber mes notes de participation, cela ne me conduit qu'à des calculs d'apothicaire inutiles et surtout sans grande valeur pédagogique. Fini les petits bâtons à comptabiliser tous les mois #yesssss!

Mieux gérer la classe: J'ai tendance à me laisser déborder par tout ce qu'il y a à gérer en  classe, je veux aider tout le monde, et du coup mon cours ne se passe pas comme il faut, je prends du retard et là c'est la cata. Evidemment, si j'arrive à mettre en place ce que j'ai dit plus haut (autonomie, différentiation, aménagements de classe, etc), cela sera plus facile et je pense que ça viendra (presque) tout seul. Mais il faut aussi que je prenne sur moi et que j'arrête de paniquer quand le cours sort de mon contrôle total et absolu (sans pour autant déraper complètement). Il faut aussi que je sois plus rigoureuse avec la discipline dans mon cours, j'ai trop tendance à menacer sans agir, du coup ben ça marche pas. #yaduboulot 

Partager et mutualiser mes pratiques: Ça veut dire tenir ce blog à jour! Mais aussi essayer de poster davantage sur Twitter pour partager avec les collègues. Le plus gros problème ici c'est le temps, mais on verra. Je ne mets pas trop la pression sur cet objectif, mais c'est quand même quelque chose que j'aime, partager et discuter, donc je voudrais que ça prenne plus de place dans ma vie.

Prévoir l'inspection: J'ai reçu le fameux mail, j'aurais donc un "Rendez-vous de carrière" cette année. J'ai listé quelques trucs à ne pas oublier et pour commencer à y réfléchir, mais j'avoue que pour le moment ça ne me stresse pas trop. Et puis il faudra voir avec le nouveau chef aussi, donc avant de le connaître lui, j'attends de voir. Quand j'aurais la date, je pense que je me pencherais davantage sur le sujet.

Utiliser le numérique: Mon dernier point concerne le numérique. Je suis greek dans l'âme, vous l'aurez compris, pour autant j'utilise peu le numérique en classe. Mon établissement n'est pas très bien doté (malgré le L@bel numérique...): 8 tablettes en tout et pour tout; et nous avons tous quelques difficultés à accéder à la salle info (manque de salles = salle info toujours prise). J'aimerais pourtant l'intégrer davantage à mes cours, sans oublier que ce n'est qu'un outil, bien évidemment.

Voilà, si vous êtes parvenus au bout de ce long post, bravo, félicitations! J'espère que mes idées vous plaisent, n'hésitez pas à poser des questions si vous en avez. Pour terminer,  je voudrais préciser que ce sont MES objectifs personnels, et en aucun cas une liste de choses à faire pour être un prof génial. Ces idées correspondent à ce que je veux mettre en place dans MA classe et à MA vision des choses, ce n'est en aucun cas un dogme à suivre. Si cela vous inspire, tant mieux! Et faites-le moi savoir, ça fait toujours plaisir :)

Sur ce, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures pédagogiques!

jeudi 26 juillet 2018

Book review: La métamorphose de l'école, quand les élèves font la classe

Bonjour à tous!
Aujourd'hui je vous propose de partager une de mes récentes lectures que j'ai beaucoup appréciée.
Image: Amazon.fr
Il s'agit bien du livre de Vincent Faillet concernant sa "classe mutuelle", La métamorphose de l'école quand les élèves font la classe.

Professeur agrégé de SVT, Vincent Faillet est aussi doctorant en Sciences de l'Education, ce qui explique peut-être la richesse historique de son livre. Car ce n'est pas seulement sa re-découverte et sa  pratique de la classe mutuelle qu'il nous offre dans cet ouvrage, mais aussi l'Histoire de la salle de classe, et le clivage opposant l'enseignement simultané et l'enseignement mutuel.
J'ai beaucoup aimé ce petit voyage dans le temps, qui donne un bel éclairage à nos salles de classe poussiéreuses, et permet de mieux comprendre les enjeux politiques de l'école (à mon sens).

Après cette première partie historique, donc, Vincent nous emmène dans sa classe, et nous raconte comment il en est venu à recouvrir ses murs de tableaux blancs, et à laisser ses élèves "faire la classe". En toute humilité, jamais il ne livre un dogme, mais plutôt un bel exemple de ce qu'on peut faire en faisant simplement confiance aux élèves.

J'ai trouvé ce livre assez fascinant, tant la partie historique que la partie plus pédagogique. A aucun moment l'auteur ne se met en avant comme ayant trouvé LA solution, au contraire il place ses élèves au centre de son changement de posture et de pratiques, et leur (re)donne la place centrale qu'ils méritent.

Personnellement, je crois qu'il faut faire confiance aux élèves, car ils savent beaucoup plus de choses qu'ils ne veulent (et que l'institution ne veut) le croire. J'ai pu le constater avec mes propres élèves, dont beaucoup paniquent dès que le prof se met en retrait. "Mais on sait pas, on va pas y arriver, on est nuls!" L'élève immobile et bien rangé, celui qui boit "la parole vivifiante du maître" omniscient aura beaucoup de mal à se débrouiller seul par la suite, même s'il obtient de bonnes notes à ses évaluations. Car tout dans son entourage le lui dit et le répète: il ne sait pas, où pas suffisamment, et doit donc se taire pour écouter ceux qui savent (cad: les enseignants). Mais comment enseigner une langue vivante à des élèves silencieux? 

Ce livre m'a confortée dans l'idée que l'élève n'est pas qu'un cerveau qui absorbe les informations pour ensuite les recracher, c'est aussi une personne à part entière avec de multiples facettes, des centres d'intérêt variés et une conscience, une personne capable de réfléchir et de s'intéresser, mais surtout une personne en développement, à qui je vais pouvoir donner des pistes mais surtout pas à qui je vais donner le droit chemin.

Ce livre m'a aussi fait prendre conscience que j'avais du mal à sortir de ma place centrale de professeur omniscient (même si mes élèves sont coutumiers de mes "trous de mémoire"!), pour diverses raisons. D'abord parce que ça fait du bien à l'égo, d'être ainsi au centre et "admiré" de tous (surtout pour quelqu'un de timide comme moi), ensuite parce que c'est ce que j'ai toujours connu. 
Je n'ai jamais, en tant qu'élève, connu autre chose que les tables bien alignées et les élèves immobiles et silencieux. Il y a bien eu des U (et une fois des îlots) en classe de langue, mais cela n'allait pas plus loin que l'agencement des tables dans la salle (ou alors je n'en ai pas eu conscience à l'époque, ce qui est fort possible aussi). Ce n'est que lors de mes études de TEFL (Teaching English as a Foreign Language, c'est à dire enseigner l'anglais langue seconde) que j'ai pu expérimenter des activités différentes de ce que j'avais connu en classe. Mais ce sera peut-être l'objet d'un autre article sur ce blog.
Enfin, c'est tellement plus facile, de faire comme d'habitude. Il est difficile de se lancer et d'avancer dans ce monde si figé et recroquevillé sur lui même. J'ai toujours peur du jugement des élèves et de mes collègues, et puis il faut faire le programme, et on est toujours en retard, comment on peut faire autrement? Bref, je trouve toujours mille excuses pour ne pas donner pleinement leur chance aux changements que je tente d'opérer dans ma classe.

En conclusion, voici un livre très bien écrit, très intéressant et qui donne à réfléchir à sa posture d'enseignant. L'auteur se dévoile avec simplicité et humilité, et partage son expérience avec nous de la façon la plus simple qui soit.

mercredi 25 juillet 2018

A l'heure du bilan (2017/2018)

[Ce post a été écrit en grande partie le 16 juin 2018, puis modifié aux dates indiquées.]

Bonjour à tous!
Ça fait à peu près une éternité que je ne suis pas venue ici, et c'est bien dommage. Malgré les apparences, j'aime beaucoup ces petits moments où je viens partager avec vous mes réflexions, mes petits histoires, mes grands projets, mes gros ratés et mes petites réussites.

Des grands projets, j'en avais plein pour cette année scolaire 2017-2018, peut-être un peu trop d'ailleurs. Cette année, c'était l'année où j'allais enfin me révéler, enfin prouver au monde entier quel professeur émérite je suis et ainsi gagner le respect de tous. C'est grandiloquent, je sais, mais je le voyais un peu comme ça.

Il faut dire que dans mon établissement, les langues ne sont que des matières subalternes, et la pression est grande pour faire briller nos élèves dans ce domaine. Heureusement (pour tout un tas de raisons que je ne souhaite pas détailler ici), la principale a enfin obtenu sa mutation, et nous aurons un nouveau chef à la rentrée. Un homme, ce qui fera du bien dans cet univers très féminin. Un linguiste, qui plus est, même s'il n'en a pas fait son métier, il était CPE avant de passer les concours de direction. J'ai fait mes recherches, il a été assistant en Ecosse, puis il a travaillé dans un lycée français en Espagne et aux Canaries, c'est même lui qui aurait mis en place le dispositif bachibac (bac français et bachillerato espagnol). Bref, il va y avoir du changement à la rentrée, et je n'en suis pas mécontente.

Bref, je vous ai promis un bilan alors allons-y.
Pour commencer, j'ai repris à temps plein cette année, alors que les années précédentes j'étais à 80% , mon petit dernier a eu 3 ans en décembre (snif! Il grandissent si vite!). J'ai en plus 1,5 heures supplémentaires suite à une révision de la répartition en fin d'année dernière. Et j'avoue que tout ça ne m'a pas aidée.

J'ai travaillé (presque) tout l'été pour préparer mes cours, mais je n'ai réussi à préparer que les premières séquences de chaque niveau, et encore, pas complètement pour ma première séquence de 3ème. Et malgré ça j'ai tout de suite été submergée, noyée sous le travail de préparation et de correction. J'ai rapidement commencé les contrôles de verbes irréguliers (je ferais un nouveau post pour en parler plus en détail) et me suis donc retrouvée avec 5 paquets de copies TOUTES les semaines.

Mes préparations pour les premiers cours qui devaient durer 1 semaine ont finalement duré 1 mois, et mes premières séquences, sensées durer 1 mois ont finalement duré 2 trimestres. Je n'ai pas réussi à créer les séquences que j'avais prévues, et j'ai du faire fi de ma progression pour aller directement aux séquences que j'avais créées les années précédentes. Celles-ci ont assez bien marché même si je pourrais encore les améliorer. Pour les 6èmes, je me suis contentée du livre!
En 4ème, je voulais mettre en place des plans de travail, mais je n'ai pas réussi à faire comprendre le concept aux élèves, où alors (c'est plus probable) je ne les ai pas assez bien utilisés. Peut-être que j'ai aussi parié trop tôt sur l'autonomie des élèves, ils ont passé le premier trimestre à bavarder plus qu'à travailler!

Je dois dire que je suis assez déçue de cette année, je n'ai pas l'impression d'avoir été la meilleure prof que j'aurais pu être. J'ai perdu beaucoup de temps et d'énergie, mais je ne sais pas vraiment à quoi, et j'ai peur de recommencer l'année prochaine. J'ai encore beaucoup de projets et d'envies, mais je ne sais pas trop quoi en faire. Je ne sais pas comment les intégrer à mes pratiques actuelles sans me perdre ou perdre mes élèves.

[Edit du 23/07/2018]
Finalement, je crois que j'ai voulu changer trop de choses en même temps. J'avais mon projet Georgetown, des îlots ludifiés et non plus bonifiés, des rôles, des séquences nouvelles (beaucoup), de la classe inversée... Bref, tout un tas de choses que je voulais mettre en place.
Au final les rôles ont été (quasi) inutilisés, les îlots sont restés quasiment bonifiés, la scénarisation a échoué, et je n'ai pas inversé grand chose. J'ai réalisé depuis que malgré tout ce que je mets en place, j'ai beaucoup de mal à abandonner la place centrale du prof qui détient le savoir. Parfois parce que prise par le travail, je me dis que ça ira plus vite, parfois sous l'insistance des élèves, parfois juste parce que c'est tellement plus facile!!
C'est difficile, je trouve, de changer de posture quand rien autour de vous ne vous incite à le faire, et quand vous-même n'avez pas connu ce changement en tant qu'élève. J'avoue que j'ai failli abandonner plusieurs fois, mais à chaque fois je me disais que je n'arriverais jamais à faire progresser TOUS mes élèves en redevenant la prof que j'étais avant, et eux les élèves silencieux et immobiles qu'ils étaient avant. Bien sûr, je ne prétends pas être devenue super-prof et faire des miracles, mais au moins j'essaie!

[Edit du 25/07/2018]
J'ai déjà parcouru un peu de chemin entre le début de la rédaction de ce post et la fin (vous pouvez peut-être le constater!), j'ai discuté avec mes collègues pour mettre en commun nos trucs et astuces, j'ai lu quelques ouvrages (#spoileralert #1 Book review à venir!) et surtout, j'ai pris des vacances! J'avais surtout, je pense, besoin de prendre du recul et de la distance par rapport à tout ça, prendre le temps d'y repenser et de tirer parti de mes erreurs.
Je vous détaillerais dans un autre post (#spoileralert #2) mes objectifs et mes idées, mes envies pour cette nouvelle année. Et pour une fois, j'ai pris le temps de me poser et de noter ce que j'avais en tête, histoire de moins m'éparpiller!

Sur ce, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures!



jeudi 4 janvier 2018

Book review: L'élève au cœur de sa réussite par Marie-Hélène Fasquel

Aujourd'hui je m'improvise critique littéraire... même si je ne prétends pas en avoir les compétences, loin de là! D'ailleurs ils s'agit plus de réactions à chaud que d'une réelle critique.

Je voulais juste partager avec vous ma dernière lecture, parce qu'elle m'a touchée et que son auteure est une chouette fille.

Crédit photo: Amazon


Donc, j'ai lu le fameux livre de notre célèbre collègue Marie-Hélène Fasquel, la seule française finaliste du Global Teacher Prize en 2017.

Dans son ouvrage, elle raconte cette aventure, et c'en est une, visiblement, à mille lieues du quotidien d'un prof (même un prof tourné vers l'international comme Marie-Hélène!). Mais ce que j'ai aimé, dans ce livre, c'est la passion qu'elle met à enseigner, à chercher des solutions pour faire progresser tous ses élèves sans exception.
J'ai aimé les témoignages d'élèves (j'espère avoir un jour un impact aussi grand sur les miens!), les projets tous plus intéressants les uns que les autres, la vivacité et la vitalité qui s'en dégagent.
Je me suis reconnue dans son parcours, ses questionnements, ses tâtonnements au début, ainsi que dans la conviction que rien ne peut se faire avec des élèves passifs qui "absorbent" simplement du savoir.
Je suis bien d'accord avec son idée que l'adaptation, la vitalité et la bienveillance sont nécessaires à l'enseignement d'aujourd'hui et de demain.

A travers cet article, je voulais aussi lui dire merci d'avoir écrit ce livre et tenté cette aventure, pour que nous puissions tous briller à travers son expérience.

En ces moments de doute pour moi (cf mon post précédent...), la lecture de ce livre me redonne foi en l'être humain, en notre métier, et en ma capacité à apporter ma pierre, si petite soit-elle, à ce grand édifice qu'est l'éducation des adultes de demain. Je suis aussi d'autant plus convaincue que les nouvelles technologies ont leur place en classe, et que nous avons le devoir, nous enseignants, d'apprendre à nos élèves à les utiliser avec discernement et les reconnaître pour ce qu'ils sont: des outils au service de l'humain.
J'ai de nouveau envie de faire des projets, et j'ai de nouvelles idées.
Alors, encore une fois, merci Marie-Hélène!

samedi 30 décembre 2017

Happy New Year!

Hello y'all!
J'espère que vous allez bien, et que vous vous préparez à fêter dignement la fin de 2017 et le début de 2018. Depuis hier je me dis qu'un petit bilan serait une bonne idée, et j'ai aussi quelques questions à vous poser.

2017 a été pour moi en demi-teinte, tant sur le plan personnel que professionnel. 
J'ai rencontré (virtuellement) des gens super intéressants et inspirants, j'ai mis en place de nouvelles choses dans ma classe, j'ai eu envie de faire de nouveau projets. Ça a quand même été une année assez exceptionnelle au niveau de l'ébullition de mon cerveau! J'ai découvert tout d'un coup les escape games, les simulations globales, tout un tas de techniques et de méthodes pour le travail en coopération, et je sais que je vais faire encore d'autres découvertes (une formation établissement est prévue en 2018 sur le thème du travail collaboratif et coopératif, et j'en suis un peu l'instigatrice). J'ai aussi beaucoup avancé avec un collègue de mon établissement, et nous travaillons en étroite collaboration cette année, c'est un vrai plaisir (Stéphane, si tu me lis!!). Je me sens un peu moins seule avec mes idées farfelues de travail de groupe et d'autonomie!

En contrepartie, et malgré mes efforts, on a pas jugé utile de m'attribuer une salle encore cette année, et même si ce n'est qu'un détail, c'est quelque chose qui m'a vraiment minée car je ne me sens pas reconnue au niveau professionnel. De même, par le jeu des mutations et autres contraintes, nous avons perdu un poste dans le collège, et avec une super collègue. Du coup l'équipe n'est plus aussi soudée, et j'ai l'impression que le lien repose sur moi, je dois être la seule qui parle avec tout le monde et avec qui tout le monde parle! J'ai l'impression de me battre contre des moulins à vent, et c'est un sentiment très désagréable. J'ai repris à temps plein et je dois dire que c'est pas évident avec 3 enfants à la maison. J'ai voulu aller à Ludovia et au CLIC mais ça a capoté. 

Bref, des réussites, mais aussi pas mal de ratés en 2017. J'espère que 2018 sera meilleure!
Sur le plan personnel, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ma n°2 est entrée en CP et mon petit dernier en maternelle, donc deux grosses rentrées, ma grande a fait sa première colo (10 jours sans elle, c'était dur!). Et mon frère est décédé au printemps, c'est quelque chose que j'ai encore du mal à gérer.

Voilà pour le bilan, du bon et du moins bon. J'en retire un petit goût d'amertume, j'ai le sentiment que je n'arrive pas à aller au bout de mes projets. Et aussi un sentiment de solitude, car nous ne sommes pas très nombreux à nous intéresser aux pédagogies nouvelles, ce qui demande beaucoup de travail et de temps (que je n'ai pas...)

Je disais en introduction que j'avais des questions. C'est le moment de les poser. J'espère avoir des réponses, car même si mes posts sont lus (à en croire le nombre de vues) j'ai peu de commentaires... 
Bref, je me pose des questions sur mon enseignement, car je n'avance pas. Pas dans mes pratiques, mais au quotidien, en classe. Quand je prévois 1h de cours, ça m'en prend 3 en réalité. Vous me direz, et vous aurez raison, de prévoir moins de choses sur 1h, mais je ne prévois déjà pas grand chose, prévoir moins serait ne rien prévoir du tout!!!
Voici comment se déroule généralement 1h de cours: les élèves sont rangés (en tas!) dans le couloir, parfois je dois mettre les tables en îlots avant qu'ils entrent. Je leur demande le mot de passe. 1 ou deux le connaissent, puis ils entrent en disant le mot de passe. Ils vont à leur place, moi au bureau, tout le monde sort ses affaires (je dois encore le répéter à certains... même en décembre!) Au début j'attendais le silence pour leur donner l'autorisation de s’asseoir mais j'ai arrêté pour gagner du temps. Un élève vient au tableau faire l'appel, un autre dit et écrit la date, puis on redit le mot de passe et on l'explique. Si c'est un mot ou une expression on cherche un synonyme (sauf en 6ème où je me contente d'une traduction), si c'est un fait culturel on l'explique et on écrit un petit résumé. 
Et là en général il s'est déjà passé au moins 20 minutes, parfois plus. J’enchaîne sur le cours, mais le temps que tout le monde s'y mette, très vite c'est la fin de l'heure. Sachant que tout ceci est généralement ponctué de rappels à l'ordre et de gestion de la classe, j'ai de la chance quand je fais 10 minutes d'anglais sur 1h de cours. Je dis 1h, mais c'est plutôt 50 minutes dans mon établissement.
Alors c'est vrai que je pourrais supprimer le mot de passe, mais je n'en ai pas envie, ça me permet d'introduire du nouveau vocabulaire et d'aborder des événements culturels importants. De toute façon, je pense que le problème se situe plus au niveau de la motivation des élèves. Mais comment générer cette motivation? Qu'est-ce que je peux faire pour les encourager à travailler plus rapidement et en y mettant plus de cœur? J'essaie de choisir des thèmes intéressants, mais on reste tellement longtemps dessus qu'ils se lassent et moi aussi.
Quand je vois ce que certains arrivent à faire avec leurs élèves, du niveau qu'ils arrivent à atteindre, je voudrais moi aussi arriver à un tel niveau de compréhension ou d'expression, mais je ne sais pas comment faire. Je ne sais plus quoi faire pour que mes élèves aient plaisir à venir travailler en cours d'anglais. 
J'ai un peu honte de venir vous raconter tout ça, j'ai l'impression que mes grandes idées se heurtent à la réalité, parfois je me demande pourquoi je fais tout ça, pourquoi je m'obstine. J'ai presque envie de tout envoyer balader et de remettre les tables en autobus et de faire du cours magistral, suive qui peut. Mais au fond de moi je sais que je ne peux pas, c'est tellement contraire à tout ce en quoi je crois! 
Après, je suis consciente que tout ceci ne dépend pas que de moi et mon cours, mais aussi du collège et de l'environnement général des élèves. Mais j'aimerais que mon cours soit un peu un havre de paix dans leur journée bien remplie, un endroit calme mais sympa où on travaille mais en se faisant plaisir. C'est un peu le rêve de tous les profs, non?

Je vous souhaite une très belle année 2018, qu'elle soit riche en rencontres (réelles et virtuelles), en plaisirs et en petits bonheurs, car c'est ce qui rend la vie si riche et lui donne la peine d'être vécue à 100%.

See you in 2018!